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Développement Durable, Évènement, Famille, Voyage

Wave of change, a low-tech surfing adventure

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A low tech surfing adventure

Octobre 2020, Bahia de Huatulco, État de Oaxaca, Mexique.

Le surfeur professionnel Damien Castera rejoint Caroline, Corentin et Guénolé à bord du désormais célèbre « Nomade des mers », un catamaran en plein tour du monde, à la découverte de l’innovation Low‑tech et pionnier de l’innovation durable et solidaire.

La « Low-technologie », quésaco ? À la différence de la « High-tech », elle peut se définir comme un ensemble de technologies sobres et propres. Ces dernières se veulent à la fois économiques, fabriquées localement, à faible impact écologique, réparables et font souvent appel à notre créativité. Un ensemble de savoir-faire simples et répondant à nos besoins essentiels : alimentation, énergie, eau, santé. C’est l’innovation, mais d’une toute autre façon.
Durant plusieurs semaines, ils associeront leurs domaines d’expertise pour unir le surf et les Low-tech. Une expédition en complète autonomie grâce aux moyens du bord entre réparation d’une vieille planche grâce à du Mycelium (appareil végétatif du champignon), nourriture cultivée dans la biosphère (spiruline, salades…), cuisine au four solaire et élevage de grillons… Le tout, avec une seule consigne à bord : celle de se laisser porter au rythme des vagues et des vents, transformant les escales en sessions de surf entre les levers et couchers du soleil.

Damien CASTERA

Free surfeur professionnel et aventurier, membre de la société des explorateurs français, Damien a également participé à la réalisation de 7 films documentaires basés sur diverses expéditions et il est l’auteur du livre « Expéditions Odisea, du flocon à la vague ».
Après un parcours de plusieurs années en compétition, il décide de tout arrêter pour se consacrer entièrement au « free-surf » et au voyage. Depuis, ses expéditions sont rythmées par la liberté, la découverte et l’aventure à travers le monde. Ses récits de voyage sont régulièrement publiés dans la presse spécialisée.

« À bord du Nomade des mers, le temps s’étire à mesure que l’horizon s’étend. Naviguer au rythme des vents, c’est consentir à se laisser porter par la force du monde, voyager « avec » plutôt que voyager « contre », composer avec les courants marins et les phénomènes atmosphériques, imaginer les reliefs engloutis, poser des caps sur l’horizon. Pour cuisiner, on utilise un réchaud à bois, fabrication maison. Allumer un feu au milieu de la mer, c’est un peu comme installer son bivouac dans le creux des vagues. On découpe du petit bois stocké au préalable lors de la dernière escale, on répartit le charbon, on abrite le foyer du vent, on grille le poisson. Au coeur des forêts d’Alaska comme au milieu du Pacifique, les flammes ont ce superbe pouvoir d’attraction qui réchauffe le corps et galvanise l’esprit. »

Pierre FRECHOU

Réalisateur passionné entre montagnes et océans, baroudeur, surfeur et soucieux de l’environnement, c’est en 2015 que Pierre monte son entreprise « Mr.Ingalss Films » au Pays Basque. Au même moment, il commence à travailler avec l’association Water Family (engagée sur la pédagogie et préservation de l’eau) avant de se tourner vers des projets éco-responsables : en montagne avec Picture Organic Clothing (Stormtroopers, Zabardast, Shelter) et sur l’eau avec Oxbow ou Mathieu Crepel (Shaka).

C’est en 2016, lors du tournage d’Odisea en Patagonie, qu’il rencontre Damien. Tous deux partagent la même soif d’aventure et l’envie de sortir des sentiers battus en alliant à la fois exploration, passion de l’image, surf, échange et découverte à travers leurs différents projets.

« Ce genre de tournage représente toujours un défi : de la recharge du matériel vidéo grâce aux panneaux solaires aux contraintes de navigation en mer que subit l’équipement, en passant par les nombreux allers-retours entre le bateau et le rivage palmes aux pieds pour les prises de vue… C’est très intense mais tellement enrichissant !
L’un des souvenirs les plus marquants de ce voyage a été ma première navigation de nuit sous un magnifique ciel noir étoilé et illuminé par les éclairs au loin. Pas un bruit, l’eau qui claque sur la coque, un océan calme et le spectacle de la Bioluminescence… et tout à coup, un souffle proche du bateau : deux dauphins venus nous rendre visite et accompagner cet instant magique. C’est ce genre de moments qui nous rappellent l’importance d’apprécier les choses simplement et dans leur milieu naturel. »

LOW-TECH LAB

Le « Low-tech Lab » est l’association qui porte le projet Nomade des Mers, véritable laboratoire flottant. Depuis 2015, au travers de programmes de recherche, d’expérimentations et de documentation collaborative, le Low-tech Lab diffuse et fait la promotion des low-technologies pour des modes de vie plus respectueux de l’Homme et de la planète. Véritable laboratoire flottant, le Nomade des Mers se charge de référencer et de développer les low-techs à travers le monde.

À son bord pour cette aventure :

Caroline PULTZ

Caroline est une architecte d’intérieur d’origine belge, très tôt attirée par la conception de meubles basés sur des mycomatériaux. Elle est à l’origine du Lumifungi: un abat-jour local et recyclé, fabriqué à partir de mycélium de champignon. Depuis peu équipière, elle prend soin de l’écosystème vivant à bord du Nomade des Mers et participe à imaginer un lieu de vie low-tech avec l’équipage.

« Il y a des personnes qui rêvent de réussir de superbes figures sur les plus grandes vagues du monde. Personnellement j’ai juste réussi à surfer à genoux à Barra de la Cruz. Mais en réalité, j’ai aussi accompli un rêve de gamine : faire surfer un champignon ! »

Corentin DE CHATELPERRON

Corentin est ingénieur et fondateur du Low-tech Lab. L’histoire débute au Bangladesh en 2010 où il travaille à la construction de bateau en fibre naturelle de jute. Pour démontrer l’intérêt de ce matériau, il entreprend une expédition en solitaire et rejoint la France en 6 mois sur le premier prototype baptisé « Tara Tari ». De cette expérience grandit un intérêt pour l’autonomie. Il décide
de l’expérimenter pendant 6 mois dans le golfe du Bengal à bord d’un nouveau bateau en jute « Gold Of Bengal ». Au fil de l’eau, il constate l’ingéniosité déployée de par le monde pour répondre de façon simple, accessible et durable aux besoins de tout un chacun… L’intérêt pour les low-tech est né.
En 2014, le Low-tech Lab est lancé avec la création d’une plateforme de documentation collaborative et le départ de l’expédition Nomade des Mers : un tour du monde à la découverte de l’innovation low-tech.

« Nomade des Mers était ancré dans une baie sauvage. Un petit matin on était Damien, Pierre et moi dans l’eau. C’était magnifique. Les lumières du lever de soleil, les pélicans qui plantaient en frôlant la houle. Une vague parfaite est arrivée… Et j’étais pile au bon endroit (pour une fois !). J’ai ramé, elle m’a pris, j’ai réussi à me lever sur ma planche en champignon. J’ai glissé, plongé le bout des doigts dans la paroi de la vague. Devant moi la lèvre montrait qu’elle allait former un tube. Je me suis accroupi. Pierre était pile dans l’axe et me filmait. Je me suis senti comme dans un magazine de surf ! Mais soudain tout a basculé. La lèvre s’est formée plus rapidement que je ne l’avais prévu. Elle m’a filé une puissante baffe. Comme pour me rappeler que je n’étais pas (encore) un bon surfeur. Je suis tombé dans la machine à laver. Mais je me souviens qu’en faisant des tours sur moi-même, je souriais sous l’eau. C’était la plus belle baffe de ma vie. »

Guénolé CONRAD

Guénolé est un ingénieur breton en quête d’aventure. Après avoir géré des projets humanitaires dans la jungle du Nicaragua, il embarque dans l’expédition Nomade des Mers en 2018. Son rôle : dénicher les projets low‑tech autour du monde, créer du lien et organiser les escales du bateau. Il est parfois aussi community manager, cartographeur ou simple matelot. Un vrai couteau‑suisse !

« Je ne peux m’empêcher de sourire en repensant à ces nuits où pour revenir à bord du bateau depuis la plage, nous tentions, à 5, de « passer la barre » de déferlantes dans un kayak gonflable surchargé d’équipement… J’en ai encore de l’eau et du sable plein les oreilles. »